MATCH PARIS | No.3306 September 26- October 3, 2012

DES DIZAINES D’ACTEURS, DE PRODUCTEURS ET DE RÉALISATEURS ONT INAUGURÉ LE PROJET FOU DE LUC BESSON : SA BASILIQUE DU CINEMA. MATCH ETAIT LÀ. EN EXCLUSIVITE

PHOTOS REGINE MAHAUX | REPORTAGE GHISLAIN LOUSTALOT ET ALINE PAULHE

Bons princes, les rois de Hollywood sont venus admirer la concurrence. Aux portes de Paris, Luc Besson a transformé une centrale électrique de Saint-Denis en usine à rêves.

Les réalisateurs ‘de tous les pays sont désormais les bienvenus à la Cité du cinéma, où ils disposeront de neuf plateaux de tournage. Et d’ateliers techniques ultramodernes. Besson, adolescent recalé aux écoles de cinéma parce qu’il n’avait pas le bac, devenu un tycoon à la française, vient de nous offrir un Cinecitta sur le modèle américain : 6,5 hectares équipés, pour 140 millions déuros. Se souvenant de sa jeunesse, il a installé une école de cinéma : pas de diplôme exigé. II dynamise le présent et prépare l’avenir. Objectif: capter une part des î milliards déuros que dépensent chaque année les Américains en Europe, mais seulement 3 % en France.

POUR LE PLUS SOMPTUEUX DES BANQUETS, UN PRESTIGIEUX GENERIQUE DE FAIM

PAR GHlSLAlN LOUSTALOT

Une image rare. Luc Besson esquisse quelques pas de danse aux côtés de la chanteuse béninoise Angélique Kidjo. Il est aux anges lorsqu’il prend le micro: «Il est très facile d’avoir 300 amis sur Internet, il est beaucoup plus difficile d’en avoir autant réunis pour dîner, surtout quand ils viennent, comme ce soir, du monde entier. Merci d’être là.» C’est ainsi que le réalisateur-producteur-distributeur et chef d’entreprise a conclu la soirée d’inauguration de sa Cité du cinéma consacrée aux jeunes qui prendront un jour sa relève. Ce soir, ce grand gamin est enfin comblé. Il savoure. Dans la nef de la Cité du cinéma, cathédrale industrielle de 200 mètres de longueur sur 20 mètres de hauteur, ses 300 amis, donc, sont venus le fêter, accueillis par l’Orchestre symphonique Divertimento. Robert De Niro, Michelle Pfeiffer et Tommy Lee Jones, avec lesquels il tourne le fiim << Malavita >> ; Whoopi Goldberg, Sophie Marceau et Christophe Lambert, Jamel Debbouze et Mélissa Theuriau, Jean Todt et Michelle Yeoh, Salma Hayek et François-Henri Pinault, tous, acteurs, producteurs, réalisateurs ont répondu à l’invitation. Fanfarnaüm a sonné l’heure du dîner et tous se sont installés. Le décor: deux longues tables de 150 convives nappées d’argent, recouvertes d’orchidées, d’hortensias blancs et de vaisselle Dior, le discret parrain de l’événement organisé par Albane Cleret.

Luc Besson aura mis vingt ans à realiser son rêve demesure

Le service : deux colonnes de 50 serveurs défilant derrière les chefs étoilés qui se succèdent, Jean-Georges Klein, Guy Martin, Jean-Michel Lorain, Jean-Pierre Vigato. Entre le homard et le bar cuit, les discussions tournent autour de ce projet colossal qui voit enfin le jour. Son «Hollywood-sur-Seine», Luc Besson y pense depuis près de vingt ans, depuis qu’il a tourné dans cette ancienne centrale de Saint-Denis quelques scènes du film «Léon ». Il a dû attendre 2006 pour acheter à EDF le site qui s’étend sur 6,5 hectares. Et puis patienter pour monter le financement de l’entreprise. Il rêvait de pouvoir réunir sur un même lieu toutes les étapes de la réalisation d’un film, de l’écriture du scénario au tournage, de la fabrication des décors à la postproduction. L’Ecole nationale supérieure Louis-Lumière sera implantée dans la Cité du cinéma, les réalisateurs qui viendront travailler auront à leur disposition neuf plateaux de 600 à 2000 mètres carrés, des studios d’enregistrement, des laboratoires, des salles de , montage, des ateliers, une salle de projection de 500 places.

Vers la fin de la soirée, l’actrice américaine Dianna Agron a chanté quelques airs de comédies musicales, accompagnée au piano par Roxane Depardieu et des solistes du Paris Symphonie Orchestra. Le réalisateur du «Grand bleu», qui avait tenu à saluer chacun de ses invités, s’accordait quelques secondes d’apnée pour mesurer le chemin parcouru. Douze ans après avoir créé sa société EuropaCorp, au nom prédestiné, il est aujourd’hui à la tête du plus grand et du plus moderne complexe cinématographique en Europe.

Reportage Benjamin HOURS


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